Demandez à un coordonnateur SST où part son temps, et la réponse revient souvent la même : pas sur le terrain, mais devant des fichiers. Relancer un sous-traitant pour une attestation, recopier des présences, retrouver une photo, reconstituer un rapport, ressaisir la même information à trois endroits. Le travail qui protège vraiment les gens — être présent, observer, corriger — passe après la paperasse.
La charge admin n’est pas qu’une perte de temps
Quand un coordonnateur passe ses journées à rattraper de l’information, deux choses se produisent. D’abord, il est moins sur le chantier, là où sa présence a le plus de valeur. Ensuite, la saisie en double multiplie les erreurs et les oublis. La surcharge administrative n’est pas un simple irritant : c’est un risque SST en soi.
Chaque heure qu’un coordonnateur passe à recopier de l’information est une heure qu’il ne passe pas sur le chantier. Réduire la saisie en double, ce n’est pas du confort : c’est de la prévention.
D’où vient vraiment la surcharge
Elle vient rarement d’une seule grosse tâche. Elle vient de la répétition : la même présence notée sur papier puis ressaisie dans un tableur, le même document réclamé trois fois à un sous-traitant, les mêmes photos cherchées dans cinq dossiers. Chaque geste pris isolément semble mineur ; mis bout à bout, ils mangent la semaine.
Alléger sans rien perdre
L’objectif n’est pas de faire moins de SST, mais de cesser de saisir la même chose plusieurs fois. Quand l’accueil alimente les présences, que les présences alimentent le rapport journalier, et que tout se range automatiquement parmi les preuves SST, l’information n’est saisie qu’une fois et sert partout. C’est l’un des bénéfices les plus directs d’une plateforme SST de chantier : redonner au coordonnateur le temps de faire son vrai métier.
Les nouveaux mécanismes de prévention prévus pour les chantiers — dont le rôle du coordonnateur en SST — sont décrits par la CNESST. Moins d’administration, c’est plus de disponibilité pour ce rôle.